
L’allaitement maternel est recommandé dès les premiers instants de vie du nouveau-né
l’allaitement maternel est, selon Nelly Akwebiwa, nutritionniste, est l’aliment exclusif pour bébé de 0 à 6 mois. Après l’accouchement, le bébé doit être rendu à sa mère aussitôt pour allaiter. L’accouchée a le droit de l’exiger. Car le colostrum, le tout premier lait, épais et jaunâtre, produit par la glande mammaire de la femme après l’accouchement, est très riche en protéines, en vitamines, en minéraux et surtout en anticorps et en globules blancs, qui transfèrent l’immunité au nouveau-né, renforçant son système immunitaire encore immature et l’aidant à lutter contre les infections
Le colostrum joue également un rôle dans le développement de la flore intestinale et a un effet laxatif qui favorise l’élimination du méconium, qui constitue les premiers selles de l’enfant.
Outre son apport au nouveau-né, la prise du lait maternel aussitôt après l’accouchement est aussi bénéfique pour l’accouchée. Il aide à une expulsion rapide du placenta en stimulant la contraction de l’utérus de la maman. Ce qui arrête l’hémorragie post-partum, responsable de la plupart de décès après accouchement.
Nelly chef de service au programme national de nutrition Pronanut, tenait ces propos, en marge de la campagne dite semaine mondiale d’allaitement maternel célébrée en août dernier à Kinshasa et dont le thème était « Prioriser l’allaitement : tisser des réseaux de soutien durables
La période de 1000 jours, dont les neuf mois de grossesse et les deux ans du nouveau-né constitue une fenêtre d’opportunité car elle est ciblée pour toutes les interventions possibles pour la santé de l’enfant( différents vaccins).
Selon l’Unicef, la lait maternel constitue le premier vaccin, protégeant les nouveau-nés contre des maladies comme la diarrhée ou la pneumonie. Pourtant seuls 48 % des nourrissons de moins de six mois sont exclusivement allaités, ce qui est bien en deçà de l’objectif de 60 % fixé par l’Assemblée mondiale de la Santé pour 2030., selon cet organisme onusien.
L ‘allaitement maternel est une intervention cruciale
47% d’enfants souffrent d’une malnutrition chronique en RDC même si cela n’est pas visible, mais les données prélevées sur la taille et l’âge de l’enfant à partir de 2 ans, le démontrent. C’est pour cette raison que la priorité doit être donnée à l’allaitement maternel exclusif de l’enfant dans les 6 premiers mois pour garantir sa croissance, car les interventions faites tard ne pourront remédier à une situation devenue irréversible et aux conséquences dangereuses, estime la nutritionniste.
Il est vrai qu’à partir de 6 mois, un complément alimentaire peut être envisagé. Pour les femmes qui travaillent ou qui voyagent, ou pour toute autre difficulté d’allaitement maternel, il est conseillé de consulter les services de nutrition. Parmi les bonnes pratiques, il y a la consultation prénatale cpn et la consultation préscolaire cps, qui constituent des moments choisis pour la préparation des femmes enceintes et l’accompagnement de celles accouchées, dans le but de garantir la santé de la femme et de l’enfant.
Seules les mamans souffrant des maladies chroniques comme le vih, le mpox, la tuberculose, ebola, ne peuvent pas allaiter leurs bébés au risque de contagion. Auquel cas des suppléments alimentaires sont prévus.
Ceci est un message du ministère de la santé avec l’appui du Programme Multisectoriel de Nutrition et Santé grâce au financement de la Banque Mondiale.